Communication et terre intérieure

Vous l’aurez compris, mon fil conducteur est ma sensibilité. Elle est pour moi un agent de renseignement d’une précision et d’une fiabilité hors paire! (et pourtant… Dieu sait comme notre relation n’a pas toujours été simple!) Grâce à elle, j’avance chaque jour sur mon chemin vers la Beauté du Vivant Libre.
Aujourd’hui, Elle me parle de communication et de relation. Elle m’en parle souvent, presque tous les jours, mais parfois je ne comprends pas. Son langage n’est pas celui des mots et des idées, c’est celui de la sensation, du ressenti, de l’émotion (à différencier de la réaction émotionnelle, ce sujet fera l’objet d’un autre article). Un langage qui peut me faire mal, me serrer violemment le ventre ou la gorge, me donner la sensation que ma cage thoracique va exploser lorsqu’Elle souhaite attirer mon attention sur quelque chose d’important pour Elle.
Il m’a fallu du temps pour accepter ces sensations comme une forme de communication! Qui a envie d’avoir mal ou de se sentir paralysé? Pas moi en tout cas. C’est pourquoi ma réaction pendant des années était de faire tout mon possible pour fuir ce langage, le censurer, le rejeter. Et un jour, grâce aux approches facilitées par les chevaux, j’ai appris que la sensation et l’émotion sont un langage. Le langage le plus instinctif et naturel, inné puisqu’il vient avant la parole.  J’ai compris que ce langage était ma véritable langue maternelle, et je sentais à quel point j’étais profondément désorientée de ne plus comprendre ma langue maternelle et plus encore: de ne plus l’autoriser en moi.
J’ai appris également une autre clé essentielle qui a changé ma vie: que je le veuille ou non, que j’en sois consciente ou non, je suis le centre de ma vie. Cela veut dire que toutes mes opinions, perceptions, jugements, partent de mon expérience, de mes références, de mon ressenti propre.
En tournant alors mon attention vers l’intérieur de moi, je me suis vue comme une terre, peut-être un île. Cette terre avait des forêts, des vallées, des rivières, elle était variée et pleine de vie. La vie s’y écoulait harmonieusement, avec ses saisons et ses aléas. Puis, lorsque j’ai appris à parler, à intégrer les codes de la société, j’ai commencé à jouer l’architecte. J’ai construit un pont ici parce que c’est plus pratique et plus rapide, j’ai barricadé le chemin qui passe dans les bois parce qu’on m’a dit que les bois sont dangereux, j’ai fait un barrage sur la rivière parce qu’on m’a dit que l’eau ne doit pas circuler à tout va… Année après année, j’ai déployé des stratégies paysagères parfois drastiques pour modeler ma terre selon des exigences extérieures que je faisais miennes. Abattre les arbres de la douceur, de la légèreté, construire des murs et des routes, et encore des murs… Alors le vent léger de ma sensibilité ne pouvait plus guère circuler sur ma terre, d’autant plus que je lui avait implacablement demandé de demeurer invisible, planqué dans le bois!
Quand j’ai enfin osé regarder mon pays intérieur, je me suis rendue compte à quel point j’avais violemment contraint et nié ma nature. (Je comprends très bien maintenant que soit né un concept d’éco-psychologie! ) Mes conclusions après cet état des lieux étaient les suivantes: J’avais renié ma langue maternelle et à la fois je prenais conscience de son existence ! Cela me délivrait de l’oppressante sensation d’anomalie qui m’accablait  lorsque je la sentais se manifester, parfois très fort. Ensuite, je prenais conscience que l’architecte, c’était moi! Que j’avais le pouvoir et la LIBERTE d’écouter ou de tyraniser ma Nature. Que je pouvais m’autoriser à vivre sur ma terre de la manière qui m’est naturelle, cohérente, spontanée.
J’étais prête à me retrousser les manches. Pour délivrer ma terre des couches de bétons qui l’oppressaient afin que l’air puisse à nouveau y circuler, je devais accepter d’être patiente. Le vivant est un processus et ma sensibilité m’a fait sentir qu’elle en était la messagère. Grâce à elle j’ai compris que, pour que ma terre devienne le jardin luxuriant et harmonieux dans lequel j’aspire à vivre, j’allais devoir écouter la voix du vivant et de ma sensibilité. J’allais devoir accepter de ne pas toujours tout comprendre tout de suite et plutôt sentir, ressentir, me laisser guider. J’ai compris que j’allais entrer dans la plus grande et la plus passionnante aventure de communication et de collaboration de mon existence.
Aujourd’hui, cela fait un peu plus de trois ans que j’ai consciemment repris la responsabilité de mon architecture intérieure. Je n’en finis plus de découvrir l’infinité du chemin, sa complexité, sa subtilité et à la fois sa simplicité… Ce que j’ai envie de partager aujourd’hui, c’est ma gratitude envers ce souffle vivant universel que je sens en moi et que je nomme ici Sensibilité et ma foi en sa justesse. Ce souffle m’a toujours murmuré l’importance de la relation et de la communication et pendant les mois qui ont suivi cette prise de conscience, j’ai consacré mon temps à en explorer la racine: ma communication et ma relation avec moi-même. Apprendre à écouter ma langue intérieure maternelle. Ecouter sans la forcer à me parler, sans la forcer à m’expliquer. Ecouter, avec patience, laisser les sensations prendre leur sens. J’ai découvert, et je continue de découvrir, une pratique de bienveillance et de respect qui se propage à mes relations extérieures. Qui laisse la place aux plantes de pousser, aux bourgeons de fleurir et au fruits de mûrir. J’ai appris que la communication est avant tout un art de l’écoute, et que l’écoute est comme un muscle à entrainer.
Grâce à ma sensibilité, à sa guidance bienveillante et infaillible au quotidien, je grandis dans ma communication et mes relations. Grâce à l’écoute qu’elle m’enseigne, je gagne en tolérance, en clarté, en bienveillance et en justesse. Grâce à elle, je réveille et révèle la Beauté de ma terre intérieure qui s’étend à l’extérieur.
Blandine

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